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Évaluation et recommandations
L’économie coréenne connaît une croissance annuelle de 4.3 % depuis 2002, ce qui lui a permis de porter son revenu par habitant aux deux tiers de la moyenne OCDE. Malgré l’appréciation de la monnaie, la croissance s’est surtout appuyée sur la demande extérieure, en partie grâce au développement constant du secteur des technologies de l’information et des communications et à la forte demande chinoise. En revanche, la demande intérieure s’est montrée assez léthargique, avec une progression annuelle de 2 % depuis 2002, ce qui s’explique par l’éclatement de la « bulle » des cartes de crédit et par une dégradation des termes de l’échange. En raison de l’atonie de la demande intérieure et de l’appréciation de la monnaie, depuis le milieu de 2005 l’inflation reste inférieure à l’objectif à moyen terme de 2.5-3.5 % retenu par la Banque de Corée, malgré la hausse des prix du pétrole.
Relever les grands défis futurs de la Corée
La croissance économique en Corée, alimentée par des exportations dynamiques, demeure l’une des plus fortes de la zone OCDE. Toutefois, l’atonie de la demande intérieure ces dernières années souligne la nécessité de s’attaquer aux carences structurelles afin de poursuivre la convergence vers les niveaux de revenu des pays les plus avancés. Ce chapitre examine cinq défis majeurs : i) mettre en oeuvre une politique monétaire appropriée dans le contexte des pressions à la hausse sur les taux de change et sur les prix immobiliers ; ii) faire face à la hausse des prix des logements dans la région de la capitale sans négliger la priorité gouvernementale d’un développement régional équilibré ; iii) maintenir une politique budgétaire saine en dépit des pressions à la hausse sur les dépenses et des carences du système fiscal ; iv) contrer la poussée des dépenses publiques sociales et s’attaquer au problème du faible taux de fécondité dans le contexte d’un vieillissement rapide de la population, tout en limitant la montée de la pression fiscale ; v) accélérer la croissance de la productivité en renforçant l’intégration de la Corée dans l’économie mondiale.
Évolutions et mesures macroéconomiques affectant les conditions monétaires
Le rythme annuel de la croissance économique est descendu à moins de 4 % au second semestre 2006, en grande partie sous l’effet de la faiblesse de la consommation privée et du recul de la construction de logements. L’activité économique devrait se redresser progressivement avec une croissance de quelque 4¼ pour cent en 2007. La Corée doit mettre en oeuvre une politique de changes flottants en limitant les interventions sur les marchés des changes. La libéralisation des sorties de capitaux devrait viser à améliorer l’efficience à long terme plutôt qu’à atténuer les pressions à la hausse sur le won à court terme. La Banque de Corée doit chercher prioritairement à atteindre son nouvel objectif à moyen terme de hausse de l’indice général des prix à la consommation (IPC) et éviter de se servir de la politique monétaire comme d’un instrument de stabilisation des prix de l’immobilier dans certains secteurs de la région de la capitale. En effet, continuer de relever les taux d’intérêt à court terme risquerait d’avoir un impact négatif sur les secteurs des ménages et des petites et moyennes entreprises qui sont de plus en plus endettés.
Réformer la politique du logement et la politique régionale
Depuis août 2005, le gouvernement a mis en place cinq séries de mesures destinées à stabiliser les prix des logements, principalement par crainte de répercussions possibles des augmentations dans la région de la capitale sur le reste du pays, même si la hausse de l’immobilier à l’échelle nationale a été modeste par rapport à d’autres pays de l’OCDE. Le développement prévu de la construction de logements dans la région de la capitale atténuera les pressions à la hausse sur les prix immobiliers. Mais d’autres mesures visant à réduire la demande « spéculative » et à faire baisser les prix des logements, notamment le plafonnement des prix des logements neufs, sont de nature à limiter l’offre et à accentuer les pressions sur les prix dans le long terme. Au lieu d’essayer avant tout de remédier aux fluctuations à court terme des prix immobiliers, le gouvernement devrait s’efforcer de créer un marché du logement qui soit efficient, en s’appuyant davantage sur l’offre privée. Face au problème de la concentration de plus en plus forte dans la région de la capitale, il faudrait utiliser des instruments économiques pour remédier aux externalités, en particulier la pollution et les encombrements, tout en mettant fin progressivement aux restrictions à la construction dans la région de la capitale.
La situation budgétaire en Corée
La Corée connaît actuellement une solide situation budgétaire et un niveau relativement faible de dépenses publiques. Étant donné l’impact qu’aura à long terme le vieillissement démographique sur les dépenses publiques et le coût que pourrait représenter l’intégration économique avec la Corée du Nord, il est important de préserver une saine situation budgétaire. Ralentir la progression des dépenses publiques par rapport à son rythme de 9 % depuis 2002 aiderait à réaliser l’objectif de budget équilibré à moyen terme. Il faudrait réformer le système fiscal afin de dégager des recettes supplémentaires et de remédier au coût des distorsions qui résulteront de la hausse des taux d’imposition à mesure que s’accentueront les pressions sur les dépenses. Il convient d’améliorer l’impôt sur le revenu des personnes physiques en réduisant les généreuses exonérations et déductions qui font que plus de la moitié des revenus salariaux échappent à l’impôt. Il faudrait également élargir l’assiette de l’impôt sur les sociétés en éliminant les mesures d’incitation qui faussent la répartition des investissements et qui compliquent l’administration de l’impôt.
Les dépenses sociales publiques dans le contexte d'un vieillissement démographique rapide
Confrontée à un vieillissement démographique exceptionnellement rapide, la Corée se doit d’éliminer les obstacles qui font baisser les taux de fécondité tout en encourageant l’augmentation des taux d’activité, en particulier chez les femmes. Si les dépenses sociales sont actuellement très faibles, des pressions s’exercent sur les pouvoirs publics pour qu’ils augmentent les dépenses consacrées aux retraites, à la santé, aux soins de longue durée et à l’aide sociale. L’État devra se montrer prudent en la matière, en tenant compte de l’impact de la hausse des dépenses sur la croissance économique. Pour limiter les dépenses, il devrait substituer à la fourniture directe de services sociaux – notamment dans le domaine de la garde d’enfants et des soins de longue durée – une approche fondée sur la distribution de chèques-services aux consommateurs. Compte tenu de la couverture limitée du régime public de retraite, la nouvelle prestation de vieillesse soumise à conditions de ressources devrait apporter une contribution utile au recul de la pauvreté. Il est important d’améliorer la transparence des revenus issus du travail indépendant pour garantir l’équité dans le financement des régimes d’assurance sociale, y compris le nouveau régime d’assurance dépendance. Pour enrayer la hausse des inégalités et de la pauvreté relative, il y a lieu de réduire le dualisme du marché du travail.
Renforcer la mondialisation de l'économie coréenne
La mondialisation, par le biais de l’investissement direct étranger (IDE), des échanges internationaux et de la circulation internationale de la main-d’oeuvre, est un facteur essentiel de croissance économique. Même si la Corée s’est intégrée davantage dans l’économie mondiale au cours de la décennie passée, elle est encore à la traîne du point de vue de la pénétration des importations, du stock d’IDE par rapport au PIB et de la proportion de travailleurs étrangers dans la population active. Un certain nombre de réformes aideraient la Corée à tirer meilleur parti des biens, des services, des capitaux et des ressources humaines d’origine étrangère : i) la réduction des obstacles à l’IDE, liés notamment au plafonnement des participations étrangères dans certains secteurs ; ii) une stratégie visant à attirer l’IDE, axée sur l’amélioration des conditions d’activité et de vie offertes aux investisseurs étrangers et non sur des systèmes de zones spéciales ; iii) la réduction des obstacles à l’importation, en particulier dans l’agriculture, par le biais de négociations commerciales multilatérales et d’accords commerciaux régionaux conformes aux règles de l’OMC ; iv) un assouplissement de la réglementation des marchés de produits, notamment dans les services ; et v) un assouplissement des contrôles limitant l’entrée des travailleurs peu qualifiés comme des travailleurs hautement qualifiés et la facilitation de l’accès de ces catégories.
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