La pente savonneuse de la conditionnalité politique
- Auteur(s):
- OCDE
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Pages
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61–67
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DOI
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10.1787/9789264075542-8-fr
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l'abstract
L’efficacité de la conditionnalité repose en grande partie sur la détermination des donneurs à suspendre l’aide en cas de non-respect des conditions. Pourtant, pour une multitude de raisons, les bailleurs de fonds hésitent souvent à le faire (Killick et al., 1998 ; Kanbur, 2000 ; Woods, 2007 ; Dreher, 2008). Pour des motifs qui tiennent à l’histoire, à la politique extérieure, à la sécurité, à l’investissement et au commerce, les pays donateurs tendent à soutenir certains gouvernements bénéficiaires et à utiliser leur aide et leur influence au sein des IFI en échange d’indulgence envers leurs clients préférés. Des considérations économiques et géopolitiques expliquent encore en grande partie l’allocation géographique des flux d’aide. Il ne fait aucun doute que l’utilisation de l’aide à des fins diplomatiques a été ravivée par les attaques du 11 septembre, l’aide à destination du Moyen-Orient ayant été multipliée par quatre entre 2001 et 2004 (Lancaster, 2007, p. 7). Dans ce contexte, les bailleurs de fonds sont souvent réticents à stopper l’aide, quelles que soient les performances réalisées par les bénéficiaires en matière de réalisation des objectifs. Comme le dit Kanbur (2000, pp. 5-6), « en cas de difficulté, toute la pression, exercée notamment par les bailleurs de fonds, consiste à détourner le regard lorsque les conditions fixées sont violées ». De plus, les instruments de coordination entre les donneurs sont rarement suffisamment résistants pour maintenir la solidarité face aux intérêts conflictuels des bailleurs de fonds (Killick et al., 1998, p. 174). Les gouvernements bénéficiaires habiles choisissent souvent de diviser pour mieux régner, stratégie qui se révèle efficace auprès des bailleurs de fonds.