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Australie
L’Australie compte parmi les premiers pays à avoir entrepris une profonde réforme du secteur de l’électricité, qui a consisté à scinder le monopole verticalement intégré de la production, du transport et de la distribution, à introduire la concurrence là où c’était possible, notamment dans la production et la vente au consommateur final, ainsi qu’à remodeler la réglementation du transport et de la distribution des monopoles naturels, afin de gagner en efficience. Des échanges limités sur le marché de gros ont débuté, dès 1994, entre la Nouvelle-Galles du Sud et l’état de Victoria et le National Electricity Market (NEM), qui est le marché de gros de l’électricité pour les détaillants et les consommateurs finals du Sud et de l’Est de l’Australie, est entré en service à la fin de 19981. L’accès aux réseaux de transport et de distribution est acquis. L’ouverture du marché de détail (appelée en Australie « contestabilité sur le marché de détail ») est intervenue en Nouvelle-Galles du Sud, dans l’état de Victoria, en Australie-Méridionale et dans le Territoire de la Capitale australienne en 2002 et 2003 puis, quelque temps après, en Tasmanie et au Queensland2. L’ouverture totale du marché de détail à la concurrence donne à tous les consommateurs d’électricité le droit de choisir leur fournisseur, même s’ils conservent la possibilité de ne pas entrer sur un marché contestable et de rester dans le régime des tarifs réglementés. La plupart des évaluations créditent la réforme d’une augmentation de l’efficience et d’une baisse des prix de l’électricité.
Australie
L’Australie a lancé en 1994 une grande réforme de l’action publique relative à ses ressources en eau, avec Le Water Reform Framework (cadre de réforme de la politique de l’eau) de 1994 qui visait à établir un système marchand à l’échéance de 20051. Il consistait à faire en sorte que les prix reflètent dans son intégralité le coût de la ressource, en supprimant les subventions croisées et en assurant la transparence des autres subventions. Les fonctions réglementaires devaient être dissociées de l’approvisionnement et des systèmes d’échanges de droits d’eau devaient être mis en place pour accroître l’efficacité de l’allocation des ressources. Ces ambitions plaçaient l’Australie à la pointe de la gestion de l’eau, devant les autres pays2. Néanmoins, dans la décennie qui a suivi, la mise en oeuvre de la réforme a été lente et inégale, que ce soit entre les catégories d’usagers ou entre les États, et les buts initiaux n’ont pas été atteints, très loin de là. Par conséquent, une nouvelle initiative a été lancée en 2004, dans l’optique de redynamiser le processus de réforme.
Allemagne
À la fin de 1999, sous l’effet conjugué des pressions exercées par certains Länder et de la publication de deux études contradictoires réalisées à la demande de deux ministères fédéraux, le débat a été relancé en Allemagne quant à la nécessité de libéraliser un régime traditionnellement restrictif d’ouverture des magasins de détail (Ladenschlussgesetz). Ce débat n’a débouché, au bout de trois ans et demi, que sur une mesure modeste de libéralisation, les magasins pouvant ouvrir le samedi jusqu’à 20 heures et d’autres restrictions mineures étant assouplies. Les salariés de la distribution se sont vu garantir au moins un samedi de congé par mois. Ce compromis n’a pas duré longtemps, car en juin 2004 un arrêt de la Cour constitutionnelle, attribuant la compétence aux Länder, leur a ouvert la possibilité de réglementer eux-mêmes les heures d’ouvertures des magasins, ce qu’ils ont fait à partir de la fin de 2006 à la suite d’une réforme plus large de la Loi fondamentale. Dans leur grande majorité, les Länder ont opté pour une très large libéralisation, certains éliminant presque toutes les restrictions à l’ouverture des magasins du lundi au samedi. Cette rapide libéralisation de la part des Länder conduit à se demander pourquoi plusieurs années de débat au niveau fédéral n’ont pas donné un résultat plus tangible par la voie politique normale, au lieu de la voie judiciaire.
Pays-Bas
Encadrés à 95 % environ, les loyers néerlandais représentent près de 44 % du marché immobilier1. En 2004, le gouvernement a proposé de réduire progressivement la part des loyers encadrés à 75 % d’ici 2010, tout en autorisant des hausses de loyers plus rapides dans le secteur locatif encadré pour remédier à la pénurie de logements locatifs sur le marché. Il était prévu parallèlement que les associations néerlandaises de logement effectuent des contributions budgétaires complémentaires afin de compenser la hausse des dépenses publiques d’aide aux loyers consacrées aux ménages à faible revenu consécutive à la réforme. Cette dernière comportait par ailleurs des mesures visant à atténuer les obstacles, notamment réglementaires, à l’investissement dans de nouveaux logements locatifs. Après avoir été finalement adoptée par la chambre basse des Staten- Generaal, cette loi relative aux loyers se trouvait encore en cours d’examen par la chambre haute au moment des élections générales de novembre 2006. L’accord de coalition définissant le programme du nouveau gouvernement issu des élections prévoyait expressément le retrait de cette loi et la limitation des hausses de loyers à celle de l’indice des prix à la consommation (IPC) plutôt que sur la formule antérieure « IPC plus ». Trois années de débats sur une libéralisation partielle se sont ainsi soldées par un resserrement de la réglementation.
Espagne
La réglementation des horaires d’ouverture et de l’entrée dans le secteur de la distribution de détail suscite la controverse depuis le milieu des années 90, où le gouvernement avait partiellement inversé une déréglementation antérieure du secteur, autorisant les collectivités régionales à réglementer à la fois les horaires et l’ouverture le dimanche et les jours fériés, ainsi qu’à accorder ou refuser l’autorisation d’implanter de nouveaux hypermarchés. Le gouvernement du centre-droit du Parti populaire (PP) a cherché de nouveau à assouplir les horaires d’ouverture et le régime des jours fériés après les élections de 2000, mais il n’a obtenu que des avancées très limitées. En 2004, un nouveau gouvernement socialiste a annulé les mesures du PP concernant les grandes surfaces, sans pour autant re-réglementer les petits détaillants. De nombreuses barrières à l’entrée et à la concurrence subsistent donc dans le secteur de la distribution, du fait surtout des politiques menées par les autorités régionales. Des études montrent que ces obstacles ont un impact cumulé considérable : ils freinent la croissance de la productivité et augmentent les prix pour les consommateurs1. Les restrictions sur les heures d’ouverture imposent aussi des coûts non pécuniaires aux consommateurs qui s’efforcent de concilier travail et vie de famille. L’équation politique de ce problème implique donc à la fois des tensions entre l’administration centrale et les collectivités locales et des conflits entre les intérêts des producteurs et ceux des consommateurs.
Suède
En janvier 1993, le Parlement a aboli le monopole que détenait l’opérateur postal public sur la collecte et la distribution des lettres. Des dispositions législatives adoptées au début de l’année suivante ont transformé l’Administration postale (Postverket) en une société anonyme, Posten Sverige AB (dénommée ci-après simplement « Posten »), et mis en place un nouveau cadre juridique pour le secteur postal, en vue de stimuler la concurrence. Dans la mesure où les activités relatives aux colis n’avaient jamais fait l’objet d’un monopole public1, ces modifications ont donné naissance au premier marché postal entièrement libéralisé du monde. Cette libéralisation postale est intervenue après plusieurs années d’études et de débats, ainsi que l’apparition d’un nouvel entrant déterminé à remettre en cause ce monopole. Bien que les autorités aient rapidement pris des mesures pour ouvrir le marché, la libéralisation initiale a été suivie de plusieurs années d’innovations et d’ajustements réglementaires, tandis que Posten et ses nouveaux rivaux s’adaptaient à l’évolution de la situation et que les pouvoirs publics s’efforçaient de créer des conditions de concurrence véritablement équitables dans le secteur postal.
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