Mark
Évaluation et recommandations
L’entrée dans l’Union européenne en mai 2004 a donné une puissante impulsion à l’économie polonaise. Le PIB par habitant représente actuellement moins de 45 % de la moyenne dans l’UE, mais le long processus de convergence a repris. Même si l’expansion s’est légèrement ralentie en 2005, avec une progression du PIB réel de 3.2 % seulement, il est prévu actuellement une croissance annuelle de 4½ pour cent en 2006-07. Les fonds de l’UE, pourvu qu’ils soient utilisés efficacement, contribueront grandement à améliorer l’infrastructure publique et à soutenir l’action dans plusieurs autres domaines.
Principaux enjeux
Même si l’inflation paraît maîtrisée et si la croissance économique, aussi modeste soit – elle, a repris, les difficultés majeures pour la Pologne consisteront, au plan macroéconomique, à assurer la viabilité des finances publiques et à mener une action budgétaire et monétaire conforme aux conditions requises pour l’adoption de l’euro. En ce qui concerne le marché du travail, la Pologne enregistre la plus mauvaise performance de la zone OCDE, cumulant un faible taux d’activité et un taux de chômage élevé. Ces médiocres résultats semblent imputables à certains aspects de la politique sociale et du marché du travail et à un environnement peu favorable aux entreprises, caractérisé par la domination des capitaux publics et par des conditions peu propices à l’esprit d’entreprise et à l’innovation. Certes, le système éducatif a affiché des progrès notables ces quinze dernières années, mais il reste plusieurs domaines où une réforme plus poussée de la mise en valeur du capital humain pourrait contribuer à améliorer les résultats du marché du travail, à accélérer les gains de productivité et à accroître l’équité.
Politique monétaire et politique de change
Les responsables de la politique monétaire ont réussi à instaurer durablement un climat caractérisé par une inflation modérée, soulageant ainsi le pays d’un problème majeur. Le régime de ciblage de l’inflation est désormais bien rodé, et l’économie comme les mécanismes de l’action publique ont fait preuve d’un degré élevé de résistance aux fortes variations du taux de change réel. Rétrospectivement, il semble que la politique monétaire a été temporairement trop stricte en réaction à ce qui s’est révélé finalement n’être qu’une brève flambée d’inflation après l’adhésion à l’UE. Cependant, le cadre fondamental d’élaboration de l’action publique est convenable, pour autant que la nature symétrique de la cible actuelle soit réaffirmée et que l’on continue à veiller à maintenir la transparence du processus de détermination des politiques. Sous réserve que des politiques saines soient mises en oeuvre, la Pologne est bien placée pour remplir les conditions d’entrée dans la zone euro à moyen terme. Mais pour s’y préparer, il faudra assainir les finances publiques et réaliser des réformes structurelles; des efforts résolus s’imposent en effet pour améliorer la flexibilité et la capacité d’adaptation de l’économie, quel que soit le calendrier précis de l’entrée dans la zone euro.
Assurer la viabilité des finances publiques
Bien que la situation budgétaire de la Pologne se soit améliorée ces dernières années, la maîtrise des dépenses publiques laisse à désirer. En outre, malgré une précédente réforme majeure du système de retraite, le vieillissement marqué de la population va exercer des pressions à la hausse sur les dépenses. Les transferts sociaux sont à la source de dépenses particulièrement élevées, et les prélèvements obligatoires nécessaires pour les financer se traduisent par un des coins fiscaux les plus importants des pays de l’OCDE. Depuis son entrée dans l’Union européenne (UE), la Pologne bénéficie de transferts accrus, ce qui représente à la fois une chance pour le pays et un défi à relever sur le plan budgétaire. Dans ce chapitre, on s’efforcera de déterminer i) comment améliorer le cadre budgétaire afin d’assurer la viabilité des finances publiques, ii) comment alléger les dépenses publiques de manière à réduire le coin fiscal, et iii) comment absorber de façon efficiente les transferts en provenance de l’UE.
Éducation et formation : dynamiser et adapter le capital humain
Les raisons pour lesquelles il est important d’avoir un système d’enseignement et de formation efficace sont d’ordre à la fois social et économique. En Pologne, le rôle d’un tel système est de fournir dès aujourd’hui et dans l’avenir une main-d’oeuvre dont les compétences permettront non seulement de continuer à accroître la productivité mais aussi de réaffecter les ressources selon les besoins de l’ajustement structurel. Les réformes importantes entreprises à la fin des années 90 pour décentraliser l’enseignement primaire et secondaire sont désormais parvenues à maturité, avec des cohortes dont la taille décroît fortement. Ces réformes et les résultats des enquêtes PISA ont attiré l’attention sur le contrôle de la qualité et la place de la formation professionnelle. Ces deux aspects ont aussi leur importance dans l’enseignement supérieur, dont les effectifs ont quadruplé en quinze ans, phénomène qui s’est accompagné d’un foisonnement de l’offre du secteur privé et de nombreuses interrogations sur le juste équilibre entre financements publics et privés. Du côté de la formation des adultes, les taux de participation sont également faibles et, comme ailleurs, ce volet de la formation semble concerner essentiellement les personnes possédant déjà un niveau d’études relativement élevé et ne pas beaucoup contribuer à l’amélioration du capital humain des groupes plus âgés et moins qualifiés.
Encourager l'ajustement structurel
À l’exception de 2004, la croissance du PIB est depuis plusieurs années inférieure à son potentiel. Les réformes structurelles se sont poursuivies, mais la réduction du chômage et l’augmentation de la croissance effective comme de la croissance potentielle supposent d’en accélérer le rythme. La flexibilité de la main-d’oeuvre est davantage restreinte par le système de transferts sociaux que par les politiques du marché du travail elles-mêmes, bien qu’il faille se garder de négliger le rôle de ces dernières et d’autres facteurs comme le marché de l’immobilier et l’éducation. L’ajustement et la croissance potentielle sont également freinés par certaines caractéristiques de l’environnement économique, en particulier la réglementation des marchés de produits et le poids toujours important du secteur public dans l’économie, cependant que les politiques d’encouragement de l’innovation n’ont pas encore produit de résultats significatifs.
Add to Marked List