Perspectives du développement mondial

OECD Development Centre

French
Frequency :
Annual
ISSN :
2222-4491 (online)
ISSN :
2222-4483 (print)
DOI :
10.1787/22224491
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Perspectives du développement mondial 2012

Latest Edition

Perspectives du développement mondial 2012

La cohésion sociale dans un monde en mutation You do not have access to this content

OECD Development Centre

French
Authors:
OECD
Publication Date :
14 Sep 2012
Pages :
291
ISBN :
9789264113213 (PDF) ; 9789264113206 (print)
DOI :
10.1787/persp_glob_dev-2012-fr

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«Basculement de la richesse" - un processus qui a commencé dans les années 1990 et a décollé dans les années 2000 - a conduit à une géographie complètement nouvelle de la croissance tirée par l'essor économique de grands pays en développement, en particulier la Chine et l'Inde. Le résultat de reconfiguration de l'économie mondiale sera à façonner les agendas politiques, économiques et sociaux du développement international que ceux des pays convergents et pays pauvres pour les années à venir.Ce rapport analyse l'impact de "basculement de la richesse" sur la cohésion sociale, en grande partie en se concentrant sur les pays à forte croissance convergentes. Une "cohésion" de la société travaille en faveur du bien-être de tous ses membres, crée un sentiment d'appartenance et de lutte contre la marginalisation au sein et entre les différents groupes de sociétés. La question de ce rapport demande est de savoir comment la transformation structurelle dans les économies convergentes affecter leur «tissu social», leur sentiment d'appartenance ou de mettre généralement leur capacité à gérer pacifiquement les problèmes d'action collective.Les événements récents dans les pays performants et dans le monde arabe, mais aussi au-delà comme en Thaïlande, la Chine et l'Inde semblent suggérer que la croissance économique, la hausse des ressources fiscales et l'amélioration de l'éducation ne sont pas suffisantes pour créer une cohésion, les gouvernements ont besoin pour combler les déficits sociaux et activement promouvoir la cohésion sociale, si à long terme le développement soit durable.

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  • Avant-propos

    L’économie mondiale offre aujourd’hui un visage totalement différent de celui d’il y a dix ans. Sur la dernière décennie, plus de 80 pays ont affiché une croissance deux fois plus rapide que la moyenne OCDE, ce qui a permis à des centaines de millions de personnes de sortir de la pauvreté. La crise actuelle ne fait que renforcer cette tendance durable à la convergence. La plupart des pays émergents ont relativement bien résisté à cette crise planétaire et certains sont aujourd’hui les moteurs de l’économie mondiale.

  • Sigles et acronymes
  • Préface

    En 2011, diverses formes de bouleversements sociaux ont eu des répercussions économiques et politiques, non seulement au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, mais dans toutes les régions du monde. Les événements de 2010 et 2011 n’ont pas été circonscrits aux pays les plus durement touchés par la crise financière. En effet, nombre de ces pays ont bien résisté et vite renoué avec une croissance vigoureuse et rapide. Les manifestations et l’agitation sociale sont apparemment davantage liées au sentiment que les fruits de la croissance ne sont pas partagés équitablement et aux maigres possibilités de participation au processus d’élaboration de la politique publique. Bien que nécessaires, la bonne gestion macroéconomique et les dépenses sociales se révèlent insuffisantes quand la cohésion sociale est faible ou s’effrite.

  • Synthèse

    De profondes transformations sont à l’œuvre sur l’ensemble de la planète depuis le début du nouveau millénaire. On parle de  basculement de la richesse  pour désigner un phénomène par lequel le centre de gravité de l’économie mondiale se déplace progressivement d’Ouest en Est et du Nord au Sud. Il en résulte une géographie inédite de la croissance. Ce nouveau scénario s’accompagne d’opportunités, mais dresse aussi des obstacles considérables pour la création de sociétés cohésives. Le présent rapport examine la cohésion sociale dans les pays en développement à croissance rapide, et formule à l’intention des autorités des recommandations sur les moyens de la renforcer. Une société cohésive œuvre au bien-être de tous ses membres, lutte contre l’exclusion et la marginalisation, crée un sentiment d’appartenance, favorise la confiance et offre à chacun la possibilité de s’élever socialement. Ce rapport s’intéresse à la cohésion sociale sous trois angles différents, mais d’importance égale : l’inclusion sociale, le capital social et la mobilité sociale.

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  • Expand / Collapse Hide / Show all Abstracts Cohésion sociale : les opportunités et les obstacles

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    • Basculement de la richesse : une fenêtre d'opportunité

      Bien qu’il puisse nuire à la cohésion sociale, le déplacement d’Ouest en Est du centre de gravité de l’économie (le  basculement de la richesse ) offre également de nouvelles possibilités de mieux partager le développement et de renforcer la cohésion sociale. La crise financière et économique a plutôt tendance à accélérer la transformation structurelle, les économies émergentes et en développement retrouvant plus vite que les économies avancées leur niveau d’activité économique d’avant la crise. Le basculement de la richesse accroît la diversité et le volume de ressources disponibles (hausse des recettes budgétaires et des recettes d’exportation, accumulation continue de réserves de change, rentes provenant de l’exploitation des ressources naturelles). Dans un contexte où les gains sont potentiellement volatils et dépendent parfois de ressources non renouvelables (lesquelles sont susceptibles de se raréfier, voire de s’épuiser), le choix des politiques est déterminant pour la viabilité financière des programmes de protection sociale.

    • Cohésion sociale et développement

      Une société  cohésive  est une société qui s’efforce d’assurer le bien-être de tous ses membres, lutte contre l’exclusion et la marginalisation, crée un sentiment d’appartenance, favorise la confiance et offre à ses membres la possibilité de s’élever sur l’échelle sociale. Ce rapport s’intéresse à la cohésion sociale à travers trois aspects différents mais d’égale importance : l’inclusion sociale, le capital social et la mobilité sociale. Outre les critères de mesure habituels (seuil de pauvreté établi à 1.25 dollar par jour, entre autres), l’évaluation de ces différentes composantes doit prendre en compte des éléments plus subjectifs, comme le ressenti des populations. La cohésion sociale est à la fois un moyen de développement et une fin en soi. Elle se forge en fonction des préférences, de l’histoire et de la culture de chaque société. Dans les économies émergentes, le basculement de la richesse ouvre de nouvelles possibilités et crée dans le même temps de nouveaux risques pour le développement de la cohésion sociale. Pour y faire face, une démarche holistique s’impose, qui englobe à la fois la politique budgétaire, la politique de l’emploi et la politique sociale.

    • Les défis de la cohésion sociale à l'heure du basculement de la richesse

      Bien qu’il engendre des opportunités et des ressources permettant d’alimenter une croissance plus inclusive, le basculement de la richesse entraîne un ensemble de difficultés et de risques pour la cohésion des sociétés. Ce chapitre s’intéresse à quatre problématiques distinctes. Premièrement, les processus de basculement de la richesse et de mondialisation s’accompagnent d’une mutation structurelle dans les pays à croissance rapide, ce qui n’est pas sans conséquences pour l’inclusion sociale, le capital social et la mobilité sociale. Deuxièmement, ce basculement de la richesse ne va pas nécessairement de pair avec une création d’emplois suffisante, une multiplication des emplois formels ou une amélioration de l’égalité hommes/femmes. Troisièmement, l’émergence (la réémergence) de nouveaux pôles de croissance intensifie à la fois le rythme de l’urbanisation et la migration Sud-Sud, ce qui exacerbe les difficultés que pose l’intégration des immigrants pour la cohésion sociale. Enfin, les prix des produits alimentaires ont flambé dans les années 2000 et les pays en forte croissance manquant de terres s’efforcent de s’assurer un accès aux denrées en opérant de vastes acquisitions foncières dans de nombreuses économies en développement, ce qui menace la sécurité alimentaire et pourrait aussi compromettre la cohésion sociale.

    • Inégalités

      La distribution équitable des niveaux de vie constitue un pilier central de la cohésion d’une société. Même si le basculement de la richesse laisse augurer d’une meilleure distribution mondiale des revenus, la transformation de l’économie mondiale pose des défis considérables en termes de distribution propice à la cohésion sociale. Une société inclusive réduit les inégalités entre les catégories de population et permet à tous les citoyens, qu’ils soient pauvres, à revenu intermédiaire ou riches, d’être intégrés dans la société. Pour renforcer la cohésion de la société, il faut forger une compréhension commune de ce qui constitue un niveau de vie adéquat et de la manière dont il convient d’aider ceux qui ne parviennent pas à l’atteindre. Si l’on veut concevoir une stratégie de développement qui tienne pleinement compte des besoins spécifiques et des caractéristiques propres d’un pays, il est impératif de bien comprendre les interactions complexes entre les opportunités, les dotations et les résultats sur le marché du travail qui sous-tendent le changement dans la distribution. L’éducation peut contribuer à remédier aux inégalités, tant au niveau des résultats que des opportunités, car relever le niveau minimum d’enseignement permet de contrer les pressions qui creusent les inégalités dues aux changements structurels que le basculement de la richesse entraîne. Les préférences en matière de redistribution, en tant que moyen de réduire les inégalités, diffèrent d’un pays à l’autre et varient au fil du temps. Les autorités qui cherchent à renforcer la cohésion sociale doivent en comprendre les mécanismes.

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  • Expand / Collapse Hide / Show all Abstracts Élaborer une politique de cohésion sociale à l’heure du basculement de la richesse

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    • Des politiques budgétaires durables pour des contrats sociaux plus solides

      Le basculement de la richesse augmente les ressources disponibles dans de nombreux pays convergents, leur offrant une conjoncture favorable au renforcement de la cohésion sociale. Dans ces mêmes pays, la croissance économique rapide et les mutations structurelles multiplient les flux financiers liés au développement, et les recettes fiscales dépassent désormais celles des autres pays en développement. Toutefois, pour que des changements se matérialisent, les gouvernements doivent résolument chercher à créer une source de financement stable en renforçant leur légitimité budgétaire. Car aujourd’hui, la situation de nombreux pays convergents se caractérise par une légitimité fragile de l’État en tant qu’honnête médiateur entre différents groupes d’intérêt, ce qui érode l’efficacité du secteur public dans sa prestation de services essentiels visant à réduire les inégalités et à renforcer la cohésion sociale. Or, pour progresser dans cette voie, les politiques publiques ont besoin de moyens de financement viables et d’un temps de maturation. Des politiques et institutions budgétaires qui dissocient les recettes existantes des dépenses, notamment par des fonds d’épargne de précaution mettant à l’abri une partie des gains imprévus pour maintenir les dépenses sociales en période de crise, peuvent efficacement contribuer à pallier ce problème. Le financement de la redistribution intergénérationnelle (comme les pensions sociales) par ces fonds peut favoriser la cohésion sociale et mobiliser l’opinion en faveur d’une politique budgétaire stable.

    • Politiques d'emploi et de protection sociale favorisant la cohésion sociale

      La situation sur le marché du travail et la protection sociale sont deux déterminants essentiels de la cohésion sociale. Le basculement de la richesse influe sur les problèmes d’emploi et de protection sociale. S’il a créé des opportunités, il a aussi engendré des ruptures, sous la forme d’une nouvelle distribution fonctionnelle des revenus, des tensions dans les relations de travail et une évolution des risques auxquels la population est confrontée. Pour examiner ces problèmes sous l’angle de la cohésion sociale, il faut s’intéresser aux institutions du marché du travail et aux systèmes de protection sociale, du point de vue non seulement leur efficience, mais également de leur capacité à prévenir ou à atténuer le dualisme et la segmentation. Si elles veulent jouer leur rôle dans la fixation des prix et exercer leur fonction allocative – et produire ainsi des effets équitables avec le moins de tensions possible – ces institutions doivent évoluer pour mieux s’adapter à la transformation qui s’opère sur les marchés du travail. Les systèmes de protection sociale segmentés (aide sociale pour les pauvres d’un côté, et assurance sociale pour les travailleurs du secteur formel de l’autre) risquent de laisser de côté une catégorie intermédiaire de travailleurs vulnérables employés dans l’économie informelle mais qui ne sont pas pauvres. Une approche holistique qui envisage ces systèmes dans leur intégralité, ainsi que leurs interactions avec les résultats sur le marché du travail, permet d’identifier ces lacunes et conduit à des choix différents lors de l’élaboration des programmes.

    • La cohésion sociale et les politiques de promotion de la participation citoyenne

      Dans de nombreuses régions du monde, les pouvoirs publics font aujourd’hui face à d’importants problèmes de gouvernance. Ils doivent en priorité apaiser les tensions sociales engendrées par des phénomènes tels que la flambée du prix des denrées alimentaires, la progression, réelle ou perçue, des inégalités, et l’exclusion politique. En outre, plusieurs facteurs, dont les nouvelles technologies et en particulier Internet, posent des difficultés supplémentaires : les États ne peuvent plus exercer un contrôle aussi strict de leur territoire que par le passé et sont de plus en plus contraints de tenir compte d’une grande variété d’influences extérieures. Dans ce contexte, il est essentiel de s’appuyer sur la participation citoyenne et sur des mécanismes de dialogue politique pour maintenir la croissance sur les rails. Pour assurer la cohésion et la stabilité de la société, il est fondamental de ménager un espace permettant aux opinions divergentes de s’exprimer. Ce constat est particulièrement vrai dans une période de basculement de la richesse, où l’accélération de la croissance économique et la dislocation du tissu social appellent des réponses innovantes. La promotion de la citoyenneté active et de la décentralisation pourrait ainsi considérablement contribuer à améliorer la prestation des services et constitue une évolution intrinsèquement bénéfique. Enfin, les femmes sont des acteurs primordiaux du changement, et leur participation à part entière à la vie démocratique représente un objectif important pour les politiques publiques.

    • Questions politiques transversales

      Toute politique de promotion de la cohésion sociale requiert la coordination de plusieurs domaines d’action, notamment pour assurer l’intégration des groupes vulnérables et traditionnellement exclus. À travers les mutations structurelles et l’instabilité des prix des facteurs, le basculement de la richesse fragilise la cohésion de la société et exige une réponse politique globale et pluridimensionnelle. Une éducation de qualité et accessible à tous, l’égalité des chances pour les hommes et les femmes, la sécurité alimentaire et l’intégration des migrants sont des questions transversales importantes, qui doivent être placées au cœur des politiques de promotion de la cohésion sociale. La transformation actuelle de l’économie mondiale offre la possibilité de mettre un terme aux inégalités persistantes observées dans ces domaines. Il s’agit là d’une occasion à ne pas manquer. Non seulement l’amélioration de l’intégration des femmes à l’économie, de l’accès à la propriété foncière, de la création d’espaces partagés à l’école et de la situation des immigrants dans les pays d’accueil à forte croissance contribuera à la cohésion de la société, mais elle permettra aussi de pérenniser la croissance sur le long terme.

    • Favoriser la cohésion sociale dans un monde en mutation

      La transformation structurelle des économies à croissance rapide offre des possibilités sans précédent d’entretenir la cohésion sociale de la société, par exemple en augmentant les ressources budgétaires disponibles pour organiser des systèmes de sécurité sociale plus inclusifs. La mise en œuvre d’un programme de cohésion sociale aux niveaux national et infranational exige un financement durable, l’implication des dirigeants politiques et, pour certains pays, une aide extérieure. La mobilisation des ressources intérieures, le suivi et l’évaluation des politiques quant à leur incidence sur la cohésion sociale, ainsi qu’une promotion plus active de l’engagement citoyen par les donneurs figurent au nombre des moyens de stimuler l’inclusion sociale, la confiance, la participation et la mobilité sociale.

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